Il s’est fait, ou plutôt il se fait, non sans mal. Pourtant, j’étais plutôt contente de retrouver ma base, ma famille... Je ne pensais pas que ce serait si difficile, pourtant j’étais prévenue par les nombreux blogs, posts sur facebook et autres billets d’expat’ rapatriés.
J’ai d’abord eu de gros soucis administratifs (qui durent encore) : sans adresse, pas d’inscription aux écoles. Sans caution, pas d’adresse. Ça vaut le coup d’avoir la quarantaine pour s’entendre dire qu’il faut que pôpa ou môman se porte garant... surtout que vus les montants des locations, leurs dossiers auraient été refusés aussi sec... donc caution bancaire. Et qui dit banque, dit délais administratifs. Surtout l’été.
Au jour où je vous écris, aucun des enfants n’est encore inscrit à l’école. Oui, car nous n’avons eu notre bail pour notre logement que le 1er août. Et tout le monde vous dira « en France, rien ne se passe en août », c’est vrai, je confirme !! Il faut attendre le 27/08. Honte. On vous dit aussi que Charline (qui s’est blessée au genou cet été, hélas) sera prise dans son collège de secteur. Obligatoirement. Tout le monde le dit... oui, sauf le principal du collège en question qui n’a jamais eu un cas comme ça (et qui est bien embêté) du coup, dérogation pour la demoiselle... et qui dit dérogation, dit méandres administratifs et vacances de la personne responsable des dérogations ! Il y a de quoi devenir chèvre ! Pas de remplaçant ? Non. Et c’est comme ça. Pfffff stress ! Évidemment, on squatte chez les parents parce qu’il y a internet et que ça fait du bien d’être dans un environnement connu !! (Et on en profite pour leur refiler les enfants ! Merci les parents 😊)
Je ne vous parle pas des autres administrations, que ce soit la sécu (Clovis est né à l’étranger ? Ah... la procédure est différente), la caf, les impôts, l’eau, l’électricité, le gaz... les accès internet, et j’en passe bref. Tout est au ralenti. Tout nous prend un temps de dingue et il faut en plus trouver du temps pour les enfants, les rdv médicaux, faire les courses, équiper la maison (car la cuisine n’a qu’une gasinière), emménager alors qu’il n’y a aucun meuble dans notre maison...
Du coup, forte de ce constat, je vais dans notre maison en Bretagne (et ce n’est pas courage, fuyons ! Non.) Et là, je fais l’objet de la pire expérience de racisme possible.
En Bretagne, l’été, il y a trois catégories de personnes : les locaux, les vacanciers et les « parisiens », mais si, vous savez, ceux que les gens appellent les doryphores, reconnaissables parce qu’entre autre, ils se promènent avec leur ciré jaune quand il pleut. Évidemment, j’ai une plaque minéralogique immatriculée 78. Je ne vous fais pas de dessin... je ne vous dis pas combien de crasses on m’a fait sur la route, combien de réflexions je me suis prise et pas de très positives, tout ça parce que j’habite dans un autre coin de France. Y compris d’une voisine qui m’a limite accusée d’être à l’origine de la couverture de sa piscine parce que j’ai des enfants... véridique ! Quelle honte ! Superbe accueil... Au moins, j’ai subis un certain racisme en Asie, mais il était  plus respectueux. C’est quand même plus acceptable, même si le fond du problème reste le même : on a peur de l’autre, on se sent envahi : il n’a pas les mêmes codes que nous, ni la même couleur de peau... avant même de voir la richesse, on perçoit la menace.
À côté de cela, d’autres voisins m’ont accueillis les bras ouverts, et comme c’est curieux, ils sont de l’île de France !! Et puis, nos voisins directs de Mareil sont très sympas et quand je sors dans la rue, les gens nous disent bonjour, ça surprend ! Et pourtant, c’est en région parisienne et apparemment, ils sont aussi « parisiens ».
Comme quoi, les préjugés sur les « parisiens » ont la vie dure ! Je dirai plutôt, moi, qu’il y a des c*** partout et que la concentration de gens excédés se trouvent dans les villes touristiques l’été. Parce que le « parisien », tout parisien qu’il soit, s’en fiche quand il conduit en Île de France et ne fait pas de différence entre la voiture immatriculée 56 ou 35 ou 75... en revanche, tout ceux qui ont une maison ailleurs qu’en Île de France se dépêchent vite de faire changer leur plaque, pour ne pas se faire embêter... alors qui est le plus intolérant là dedans ???
Alors oui, je suis malgré tout contente d’être rentrée, mais je suis obligée de reconnaître que les étrangers ont raison quand ils disent de nous que nous sommes râleurs, qu’on juge sans savoir et qu’on est hautains...
J’en fais malheureusement les frais cet été... et ce post prouve bien que je suis une bonne française... qui râle !!!